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Digitaliser pour ralentir

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cHRonique #16

2020 démarre sur les chapeaux de roues pour les start-up de l’HR-Tech. Les montants des levées de fonds ou rachats dépassent déjà les 140 M€ en janvier ! Faisons le point sur ces technologies RH qui feront 2020 et aideront les RH à se mobiliser sur l’essentiel, ce qui veut parfois dire ralentir.

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Le DRH, toujours plus au coeur de la transformation

Le “nouveau” rôle du DRH serait d’encourager la culture digitale titre myRHline. Il doit donc à la fois “sensibiliser, former et accompagner le changement”. Mais en premier lieu il doit lui-même digitaliser la fonction. Les start-up de l’HR-Tech ont vocation à répondre à cet enjeu.

 

Les start-up qui transforment la fonction RH

La start-up Front a ainsi levé 59M€ pour sa messagerie collaborative (agrégateur de tous les flux de communication dans l’entreprise), LumApps 63.5 M€ pour un intranet collaboratif (conçu pour l’engagement et l’information des collaborateurs) et enfin Clustree (start up spécialisée dans le recrutement interne grâce à l’IA) a été rachetée par Cornerstone pour 18.5 M€. Immersive Factory enfin a levé 1 M€ pour développer des formations HSE (Hygiène Sécurité Environnement) en réalité virtuelle. Un total de 142 M€. 

Les solutions technologiques continuent de se développer fortement après une fin d’année 2019 déjà dynamique (levée de fond de 70 M€ pour Payfit par exemple) et pour des usages variés :

  • Digitaliser et optimiser les processus RH (gestion du personnel, paye, recrutement, congés, enquête d’engagement et de satisfaction collaborateur…)
  • Offrir des outils de collaboration plus performants pour l’entreprise, à destination de tous les collaborateurs (intranet, messagerie…)
  • Multiplier les possibilités de développement professionnel (formation, coaching…)

 

Digitaliser pour ralentir

Digitalisation est souvent le synonyme d’accélération. C’est cependant une autre tendance qui fait l’actualité : la pleine conscience en entreprise qui encourage à respecter son propre rythme. Les bénéfices seraient nombreux : de la réduction du stress à l’augmentation de la concentration en passant par une plus grande créativité et une meilleure cohésion d’équipe. Le concept de “leadership conscient” commence même à arriver en Europe (en provenance directe de Montréal) et résonne avec la raison d’être en entreprise puisque Stéphane Leblanc le définit ainsi :

un leadership guidé par une vision et propulsé par des valeurs qui vise le bien-être de toutes les parties prenantes, autant que le succès de l’organisation afin de créer un avenir prometteur pour les prochaines générations”.

On peut donc aujourd’hui concevoir la digitalisation comme opportunité de ralentir, prendre le temps de travailler en pleine conscience. 

Cesser de faire plus pour faire mieux

Les levées de fonds sont enthousiasmantes, elles promettent un avenir plus simple, plus fluide, plus technologique aussi. Mais cette simplicité accrue ne doit pas faire oublier que certaines évolutions nécessitent du temps, de la réflexion, de l’introspection. C’est le cas du développement professionnel individuel (et en particulier du développement d’un leadership) et c’est le cas de la construction d’une vision collective pour l’entreprise.

Digitaliser les activités doit générer un gain de temps qui est souvent vendu comme une opportunité de se consacrer plus à l’ “essentiel”, aux tâches à plus grande valeur ajoutée. Nous pensons qu’il s’agit surtout de s’y consacrer mieux, en utilisant par exemple ce temps pour le développement professionnel, pour travailler sur la qualité de son leadership ou de sa vision. Pour aller en ce sens, le coaching professionnel est un outil puissant qui, comme l’écrit Catherine Snyers, ouvre un “Espace temps, espace lieu, lieu d’accompagnement”. Alors, êtes vous prêts à ralentir ?

Écrit par Olivier Wautier
Le 30 janvier 2020