Blog > Les managers coachs

Les managers coachs

managers-coachs

Fonction à la fois très récente au regard de l'histoire des entreprises et vouée à disparaître prochainement si l'on en croit certains prospectivistes, le management semble être dans une position fragile. Les entreprises changent à grande vitesse : transformation digitale, data, nouveaux modes de travail agiles, nouveaux contrats en vogue également (freelance)... Le manager, ce chef d'équipe et capitaine dans la tempête doit sans cesse se réinventer et innover dans ses manières de faire et d'être. La littérature est déjà très riche pour décrire tous les styles de management (manager paternaliste des grandes entreprises familiales, manager expert promu pour ses compétences "hard skills" , manager collaboratif,...) mais nous souhaitons aujourd'hui nous concentrer sur une tendance issue des années 90 : le manager coach.

 

Le manager coach : des objectifs humains avant toute chose

Ce style de manager aurait comme priorité d’accompagner et développer les compétences de chacun de ses collaborateurs en prenant une posture habituellement incarnée par les coachs. L'atteinte des objectifs business n'étant plus son unique dessein, le manager coach peut s'intéresser en particulier au bien-être de l’équipe  à l’atmosphère de travail,  l’accompagnement et l’investissement chacun.

Cette tendance se justifie particulièrement dans un monde en changement perpétuel et dans lequel les tâches et responsabilités de chacun évoluent très rapidement. Il est fondamental que les salariés restent dans une dynamique d’apprentissage et donc que les managers sachent guider, conseiller et former à la manière d’un coach.

 

Tout le monde ne naît pas manager coach mais tout le monde peut apprendre à le devenir

Julia Milner, professeur en leadership à EDHEC business school et Trenton Milner, responsable du International Centre for Leadership Coaching ont réalisé une étude sur les managers et le leadership. Un échantillon de managers a participé à un projet dont le but est de coacher des cadres actifs sur le thème de la gestion du temps. Les entrevues ont été filmées puis montrées à 18 coachs experts ayant en moyenne 7 années d'expérience de coaching et une vingtaine d'années d'expérience professionnelle.

Lorsqu'est demandé aux managers s'ils savent coacher, la majorité estiment que oui. Il est en fait constaté que la majorité se contente de dire à leurs collaborateurs quoi faire : un peu à la manière de consultants il a été recensé qu'ils disaient la plupart du temps, "Dans un premier temps tu devrais faire ça", "pourquoi ne pas faire ci".

Pour reprendre les mots de John Whitmore qui est une référence dans le monde du coaching, le coaching c'est : "libérer le potentiel d'une personne pour maximiser sa propre performance. C'est aider son prochain à apprendre plutôt que de lui enseigner".

Ainsi ces deux attitudes sont particulièrement importantes à prendre en compte pour devenir un vrai manager coach.

Être prêt se montrer attentif : Comme expliqué ci-dessus un bon coach doit aider son collaborateur à apprendre, et non pas lui apprendre en lui disant quoi faire. Il a donc besoin de patience pour l'aider à évoluer en prenant conscience de ses lacunes et de ses points forts.

C'est un travail qui est plus difficile à dire qu'à faire dans la mesure où les managers sont soumis à des objectifs de résultat à des dates précises. Mais c'est un investissement en temps qui sera toujours rentable à long terme. En effet comme l'expliquent Julia et Trenton Milner "Lorsqu'il est bien fait, le coaching peut aussi contribuer à l'engagement des employés ; il est souvent plus motivant d'apporter son expertise à une situation que de se faire dire quoi faire."

 

Perdre l'habitude de donner des ordres :  dans cette situation les collaborateurs n'auraient en effet pas la liberté d'exploiter leurs ressources . Dans la mesure où le coaching repose sur l'échange libre pour libérer le potentiel du coaché, il devient contre productif de brider sa réflexion en lui donnant constamment des directives. Il est alors conseillé de poser des questions ouvertes non-orientées.

C'est un aspect particulièrement compliqué pour les managers car ils doivent laisser une marge de manœuvre à leur collaborateur et donc perdre un peu de contrôle.

 

Le manager coach sera par ailleurs plus enclin à communiquer sur le mode de la suggestion, il prendra le temps d’observer plutôt que de faire des retours hâtifs, de poser des questions plutôt que de donner des ordres et valorisera la prise d’initiative plutôt que de faire suivre son propre plan

Ces méthodes sont chronophages et laissent place au risque à court terme mais il a été prouvé qu'elles renforçaient la responsabilisation et l'autonomie des collaborateurs. Ce sera donc aux RH et aux exécutifs de juger dans quelle mesure ce processus pourrait être bénéfique pour l'organisation : le conseil, le feedback ou la suggestion.

Les "talents" déployés pour appliquer les grands principes du coaching dans le management sont par ailleurs très particuliers : patience, écoute, gestion de son stress pour accepter de perdre en contrôle, confiance en soi et en l'autre... Des soft skills qui peuvent tous se travailler en étant soi-même coaché !

 

Quelles limites pour les managers coachs ?

Dans un premier temps le manager coach qui consacre plus de temps que la moyenne au développement de ses collaborateurs ne pourra pas être en même temps un expert technique, une "encyclopédie ambulante".

La posture de manager coach est par ailleurs difficile à tenir en permanence puisqu'elle nécessite à la fois une grande empathie et un certain détachement pour ne pas se laisser envahir par ses émotions ou celles des autres. Le manager coach devra donc être particulièrement vigilant à ce "curseur de proximité humaine" avec ses collaborateurs. Il ne devra pas devenir 100% coach car ce n'est pas son rôle premier (il n'a pas été formé pour).

Enfin, comme tout manager ayant des responsabilités, il sera également sensible au stress et aux conflits présents dans l’organisation, et peut manquer de recul dans certaines situations dans la mesure où il devra animer et conseiller une ou plusieurs équipes au quotidien. 

 

Cette méthode de management repose donc sur l'alliance délicate du respect mutuel et de l'assertivité, de la responsabilisation et de l'accompagnement, elle demande donc formation et pratique pour être bénéfique. Mais au delà d'un simple effet de mode, le bien-être et tout ce qu'il entraîne (collaboration, implication des collaborateurs, ...) devient la priorité numéro une des chercheurs d'emploi (61 % des salariés déclarent qu’ils considèrent le bonheur et le bien-être au travail plus important que le salaire) et le manager coach est un style tout à fait adapté à cette nouvelle attente.

Grâce à Simundia, transformez votre entreprise en rendant le coaching accessible facilement.

En savoir plus
Écrit par Simon Mawas
Marketing & Opérations
Le 23 octobre 2019