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Désattention au travail : et si la concentration était la prochaine priorité RH ?

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Charlotte Souza

Le chiffre qui alerte

4,7 interruptions par heure. Soit une toutes les 13 minutes.

C'est le rythme de travail moyen des salariés français, selon l'enquête Ipsos bva pour Uside menée auprès de 1 000 salariés en mars 2026. Un chiffre brut avec des conséquences : 84% des salariés déclarent observer des effets directs sur leur travail : stress accru, productivité en berne, qualité dégradée.

Les raisons de cette désattention

Derrière ce constat, l'étude identifie une série de facteurs qui fragilisent l'attention au travail. En tête de liste :

  1. La fatigue
  2. Le manque de reconnaissance
  3. Le manque de motivation
  4. Le manque de temps pour accomplir le travail demandé
  5. La perte de sens dans son travail
  6. La difficulté à résister aux sollicitations numériques (notifications, écrans…)
  7. Le faible encouragement de la capacité d'attention par la Direction
  8. Le fait de travailler sur site ou dans un environnement partagé (open spaces…)
  9. Les économies réalisées par l'entreprise
  10. Le télétravail

À ces causes structurelles s'ajoutent les multiples sollicitations du quotidien : l'attention portée aux tâches est également amoindrie par les interruptions générées par les échanges entre collègues, les outils numériques, les réunions, en moyenne 5 fois par heure.

Ce panorama révèle quelque chose d'important : la désattention n'est pas un problème de concentration individuelle. C'est un phénomène organisationnel, culturel, managérial.

Un impact inévitable sur la performance

Le déficit d'attention ne reste pas sans conséquences. Comme le souligne l'étude : "Le déficit d'attention aux tâches réalisées a des conséquences en matière de bien-être (stress, irritabilité) mais aussi de performance (baisse de productivité et de qualité)."

Concrètement :

  • 33% des collaborateurs développent de l'épuisement professionnel lorsque leur attention n'est pas protégée
  • 32% voient leur niveau de stress augmenter de façon significative
  • 58% des salariés estiment que leur entreprise n'agit pas pour réduire ce problème

Ce dernier chiffre mérite qu'on s'y arrête. Le problème est identifié. Les conséquences sont mesurables. Mais l'action organisationnelle est encore absente alors que 64% des collaborateurs souhaitent être accompagnés, une proportion qui monte à 70% chez les moins de 35 ans.

Il y a là un signal RH clair : une demande forte, pas encore satisfaite, qui attend une réponse de l'organisation.

L'IA n'est pas la solution

Plus d'un salarié sur trois estime que les outils d'IA viennent dégrader l'attention dans ses différentes dimensions qu'il s'agisse de l'attention portée aux autres (38%) ou au monde extérieur (36%).

Ce contre-pied est important à entendre. La technologie amplifie les comportements existants, elle ne les corrige pas. Si un collaborateur ne dispose pas des ressources internes pour gérer sa concentration, aucun outil ne compensera durablement.

C'est un signal clair : le problème est humain. La réponse doit l'être aussi.

3 leviers pour passer à l'action

1. Accompagner les managers dans leur posture d'écoute

Les collaborateurs sont clairs : 9% d'entre eux citent "de l'écoute et de l'empathie" comme levier prioritaire, et près d'un salarié sur deux attend plus de reconnaissance, de soutien managérial et une meilleure gestion de la charge de travail.

Or l'écoute n'est pas un trait de caractère inné, c'est une compétence qui se développe. Un manager qui écoute vraiment, qui crée des espaces de dialogue réguliers, qui sait reconnaître et nommer la surcharge, contribue directement à réduire l'impact de la désattention dans son équipe. Le coaching peut les aider à travailler cette posture concrètement, dans leur contexte réel.

2. Mettre en place des dispositifs RH concrets et les tenir dans la durée

8% des salariés demandent explicitement "de l'accompagnement, du soutien de la part de la hiérarchie, des entretiens individuels" et 12% citent la reconnaissance et la confiance comme priorités.

Ce n'est pas une liste de vœux : c'est un rappel que les dispositifs existent (entretiens, feedbacks, espaces de parole), mais qu'ils ne fonctionnent que s'ils sont réellement mis en œuvre et suivis. Encadrer ces pratiques, former les managers à les utiliser, et mesurer leur impact : voilà où les RH ont une action directe.

3. Traiter la concentration comme une compétence à développer

64% des salariés souhaitent être accompagnés pour améliorer leur attention. C'est une opportunité concrète pour les RH d'aller au-delà du constat.

La concentration se travaille et devient un avantage compétitif

Chez Simundia, nous l'observons régulièrement en coaching : la gestion de l'attention, la priorisation, la capacité à poser des limites face aux sollicitations… Sont des compétences. Et comme toute compétence, elles se développent.

Elles sont directement liées à plusieurs soft skills que le Coaching Situationnel® travaille au quotidien : gestion du temps, régulation émotionnelle, affirmation de soi, posture managériale. En trois séances ancrées dans la réalité concrète de la personne, les collaborateurs identifient leurs schémas, expérimentent de nouveaux comportements, et ancrent le changement dans la durée.

Dans un environnement professionnel de plus en plus fragmenté, la capacité à maintenir une attention soutenue devient une compétence rare et précieuse. Les organisations qui investiront dans son développement auront un avantage concret : des collaborateurs plus engagés, des managers plus présents, des équipes plus performantes et moins d'épuisement professionnel.

La désattention n'est pas une fatalité. C'est un terrain d'action pour les RH qui souhaitent avoir un impact durable.

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