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Leadership : un top 100 des dirigeants et des modèles de management à adapter

cHRonique #7

 

Cette semaine, la Harvard Business Review publie le classement des 100 meilleurs PDG du monde, parmi eux 12 Français et quelques surprises. L’occasion de faire le point sur le “leadership” et les modèles de management dans l'actualité.

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Qu’est ce qu’un grand leader ?

La méthodologie de classement des 100 “meilleurs” dirigeants (classement disponible ici) est intéressante pour mettre en avant ce qui est considéré comme "être un bon leader". Fait marquant, cette méthodologie a évolué : historiquement centrée sur les indicateurs financiers (taux de rentabilité pour l’actionnaire et évolution de la capitalisation boursière…), elle prend en compte depuis 2015 des indicateurs Environnementaux Sociaux et de Gouvernance (en faisant appel à deux cabinets spécialisés). La pondération reste fortement en faveur du financier (80% jusqu’en 2018 vs. 20% pour l’ESG) mais évolue vers l’équilibre (70% vs. 30% cette année). C’est notamment ce “ré-équilibrage” qui permet à François-Henri Pinault de prendre la 3è place du classement grâce (en particulier) à un engagement de neutralité carbone pour l’entreprise pris en septembre dernier. C'est également ce qui explique l’absence de Jeff Bezos dont l'entreprise (Amazon) ne fait pas figure de bon élève sur ces critères. Notons par ailleurs que les indicateurs sont analysés sur l’ensemble du mandat du dirigeant, avec un minimum de 2 ans pour apparaître dans le classement (15 ans d’exercice en moyenne pour le top 100), le bon leader se conçoit donc dans la durée.

Etant peu probable que le leader seul soit responsable de l'ensemble du succès de son entreprise, cette réussite interroge sur les modèles de management et leadership mis en place dans ces entreprises.

 

Quels sont les modèles de management à succès ?

Un autre article de la Harvard Business review revient sur les différents modèles de management dans l’entreprise. Leur liste est non exhaustive mais donne des repères : prise de décision autoritaire, consultative, délégative, démocratique, consensuelle, voire stochastique (aléatoire!), tout existe ! Le PDG de Netflix se vante par exemple de pouvoir passer un trimestre entier sans prendre de décision et, sans pour autant apparaître dans le top 100 des meilleurs leaders, ses collaborateurs sont toujours en tête en terme de satisfaction au travail.

Aux modèles traditionnels déjà cités s'ajoutent ceux "alternatifs" de plus en plus à la mode ces dernières années, comme l’holacratie. Après 10 ans de pratique et de mise en place de ce modèle fondé sur l’horizontalité des relations, Bernard Marie Chiquet dresse un bilan :  il ne s’agit pas d’abandonner le management (au sens de structuration, affectation des personnes dans les rôles et distribution des ressources selon des priorités) mais de plus de transparence dans les processus, d’une définition claire des rôles (vs. liste de tâches) et autorités de chacun, et de plus de responsabilisation. Finalement un mélange de plusieurs modèles existants avec une dose de bon sens et sans doute un challenge plus grand dans la mise en place que dans la théorie !

 

Quand la mémoire de la pratique s’estompe, les principes demeurent 

Antoine Reverchon prend d’ailleurs un parallèle intéressant dans une chronique publiée dans Le Monde, avec le taylorisme du début du siècle. Ce modèle aux principes connus et particulièrement contestés dans les années 1970 est resté dans les mémoires comme un mode de management autoritaire, aliénant pour l’individu assimilé à une machine. Pourtant des traces existent montrant que la prise en compte de l’humain était déjà une préoccupation importante lors de sa mise en place et que les ingénieurs méthodes responsables étaient déjà très critiques et prenaient du recul vis à vis des principes (la méthode Bedoux par exemple intégrait les temps de repos et la concertation nécessaire dans les process de travail). Il s'agissait donc d'adapter un modèle de management à son environnement et de discerner le modèle en tant que tel et son application concrète dans l’entreprise. Ce même soucis attend aujourd’hui les nouveaux modes de management : savoir adapter la règle à l’environnement pour être fidèle à l'esprit plus qu'à la lettre, et ces sans doute ces défis que les grands leaders savent relever.

 

Il faudra attendre d’avoir un peu plus de recul sur ces nouvelles méthodes de management pour savoir comment l’histoire les retiendra, tout comme les leaders qui font l’actualité aujourd’hui mais ne sont pas à l’abri d’un changement radical de grille de lecture sur le long terme ou d’une inversion des ratios ESG / Financier à plus court terme.

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Écrit par Olivier Wautier
Marketing & Growth
Le 25 octobre 2019