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"Qu'est ce qu'un chef " ? Une leçon de leadership pour le management contemporain.

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Passionné par l'armée, les règles et le cadre en général, j'ai entrepris la rédaction de cet article en me remémorant un ouvrage qui m'a ouvert les yeux sur bien des choses : "Qu'est ce qu'un chef "du Général et ancien chef d’État-Major Pierre de Villiers. En résumé, je souhaite mettre en valeur 4 maximes qui selon moi représentent la pierre angulaire d'un management de qualité, destinées aux actuels et futurs leaders/managers.J’aspire à démontrer que même au plus haut sommet militaire, l'une des plus grandes usines du monde (270 000 hommes et femmes) il est possible d'avoir une hiérarchie éclairée, alors pourquoi pas dans votre entreprise ?

 

Loin d'être un philosophe, sociologue ou capitaine d'industrie, il est avant tout " un praticien de l'autorité qui s'est toujours efforcé de placer les relations humaines au cœur de son engagement ". Pour être chef, il ne suffit pas d’être aux commandes, il faut une pâte humaine, une étoffe. C’est là, sans doute, l’apport majeur du livre pour tous ceux qui désirent parvenir aux responsabilités.

 

 

" Pour que les hommes, tant qu'ils sont des hommes, se laissent assujettir, il faut de deux choses l'une : ou qu'ils y soient contraints, ou qu'ils soient trompés " Etienne de la Boétie

 

L'une des principales maximes pour être un bon chef et qui revient souvent dans le livre : l'adhésion l'emporte sur la contrainte. En effet notre société actuelle met un point d'honneur sur la prise en compte des softs skills : compétences humaines ou savoirs comportementaux, ceux-ci désignent les aptitudes personnelles qui démontrent un haut degré d'intelligence émotionnelle et qui permettent notamment de générer l’adhésion.

 

Face à ces nouvelles tendances, la contrainte est vouée à l'échec tant la réussite d'une entreprise dépend du bien-être de ses employés. Un concept simple mais drastiquement mis de côté dans bon nombre d'entreprises. Et pourtant, les chiffres ne mentent pas : des recherches publiées par l'université de Warwick indiquent que la productivité des salariés heureux est 22% supérieure à celle des autres. Une étude Gallup révèle également que la productivité des salariés motivés est de 31% supérieure. 

 

Un bon chef comprend que ce sont les personnes qu'il dirige qui, en fin de compte, déterminent le succès ou l'échec de toute entreprise. Ils ont ensuite la capacité de guider cette équipe vers une vision bien définie en communiquant clairement les objectifs à court et à long terme, en inspirant confiance à leurs collègues et en influençant les efforts communs par leur caractère plutôt que par une position d'autorité.

 

Prenant mon expérience personnelle en exemple, ma professeure de français de terminale avait une posture que je qualifierais de leader. Je n’étais pas particulièrement bon élève à l’époque et l’autorité me répugnait. En revanche, cette professeure dégageait une confiance naturelle, un entrain comme j’en avais rarement vu et une aura rassurante qui implicitement m’inspirait le respect. Loin de me prendre de haut, c’est tout un accompagnement qui s’est mis en place. J’ai donc commencé à faire des efforts considérables pour lui rendre son temps, son dévouement et surtout sa confiance. Quelques mois plus tard, je lui annonçait fièrement ma mention TB au Bac, avec une excellente note en français. En fin de compte, un grand leader crée, entretient et nourrit la motivation des autres de façon naturelle.

 

En ce sens, Pierre de Villiers nous rappelle que le rôle d'un chef est avant tout de rendre service.

 

- Vision et un cap :  fixer la stratégie avant de choisir la tactique

 

L’une des erreurs les plus communes est de choisir une tactique qui donne des résultats sur le court terme. Le leader tend à étudier la popularité, le pouvoir, le sens du spectacle ou la sagesse en matière de planification à court terme. Certains dirigeants possèdent ces qualités, mais elles ne sont pas essentielles au leadership.

 

Le choix de la stratégie en revanche, permet des résultats sur le long terme si les tactiques sont bonnes. Le leadership est l'accomplissement d'un objectif grâce à la direction de collaborateurs humains. L'homme qui réussit à mobiliser ses collaborateurs pour atteindre des objectifs particuliers est un leader. Un grand leader est celui qui peut le faire jour après jour, et années après années, dans des circonstances très diverses.

 

"En avant " plutôt que " garde à vous ". 

 

Pierre de Villiers nous livre que pendant ses classes à Saint-Cyr, le premier ordre qu'il reçut se trouva être " En avant ". Celui-ci le marquera toute sa vie tant le sens de cet ordre lui apprit une chose : en avant c'est savoir où l'on va dans le moyen et long terme, c'est avoir une stratégie et un état final recherché. 

 

À transposer dans le monde de l'entreprise contemporaine, cet état d'esprit est sans équivoque ; motiver ses " troupes" plutôt que de distribuer des tâches arbitrairement sans penser à la complexité, longévité de celles-ci. Cela diminue les rendements et la motivation des employés. 

 

"Au fondement du charisme, il y a la confiance en soi et le souci des autres".

 

Être chef n’est pas uniquement tenir un cap, au contraire : un chef pourrait être borné et utiliser tous les moyens nécessaires pour y arriver, s’éloignant de tout code déontologique et moral. En effet la sincérité est une vertu des plus respectables lorsqu’il s’agit de tirer un équipe/personne vers le haut. Admettre une erreur plutôt que de la dissimuler, corriger au lieu de flatter, dire quand il y’a un  problème au lieu de l’enterrer. 

 

De plus, les meilleurs leaders sont passionnés par le développement des leaders émergents qui les entourent, ils travaillent constamment à améliorer leur intelligence émotionnelle et savent qu'une forte culture d'équipe est la base pour accomplir leur mission. Ils sont dans un état de préparation perpétuel et embrassent les changements inévitables auxquels leurs entreprises seront confrontées.

Être un grand leader exige un développement personnel et professionnel constant, un retour d'information régulier et transparent de la part de l'équipe, une réflexion sur soi et la prise de mesures en fonction des commentaires reçus. Les grands dirigeants sont rarement satisfaits de leurs performances.

 

Enfin, sur la confiance, Pierre de Villiers nous explique qu’un leader digne de confiance est une personne qui croit en ce qu'il y a de meilleur dans les gens. Cela signifie que le leader part du principe que la plupart des gens veulent faire ce qui est juste. Il donne aux gens la possibilité de réussir plutôt que de "se montrer sceptique” quant à l'éventualité d'un échec. 

 

Ces dirigeants sont accessibles, acceptent la responsabilité de leurs actes et se soutiennent mutuellement. Cette qualité de leadership est un ingrédient essentiel. Sans elle, un dirigeant ne sera pas considéré comme éthique ou intègre.

 

Prendre des risques et en assumer les responsabilités : une légitimité sans faille

 

Pierre de Villiers est un grand adepte du football. Dans son ouvrage, il nous livre les bienfaits que ce sport a pu lui apporter dans sa carrière. En voici un exemple.

 

Popularité et responsabilité : Lors de sa prise de poste d’un commandement en 1998, il raconte avoir autorisé les militaires à regarder les matchs de la coupe du monde. Son prédécesseur n’étant pas un grand amateur, celui-ci avait programmé une répétition à l’heure de différents matchs. Le général s’est imposé en conseillant de décaler celle-ci et que le résultat d’une telle action serait sans équivoque. En effet : Tout le monde a su que l’horaire avait changé à cause de lui, il n’avait pas encore pris le régiment qu’il était déjà populaire. Il livrera également : “ J’ai réussi ma carrière militaire aussi par le football. Parce que ça me donne une proximité immédiate, parce qu’ils voient dans le chef un chef, mais aussi un homme qui partage une passion avec eux.”.

 

Interrogé sur la réaction de ses supérieurs hiérarchiques, le général nous livre qu’il a pris ses responsabilités et que cela s’appelle l’analyse des risques. Étant lui-même impliqué dans cette décision, c'est lui et lui seul qui est à blâmer, pas son régiment. 

 

Transposée au monde de l'entreprise, cette maxime tend à rappeler que lorsque la décision vient du sommet, si les choses ne se déroulent pas comme prévu, assumer les conséquences de ses décisions est par-dessus tout une preuve de bon leadership. D'où l'importance d’appliquer la seconde maxime : définir clairement sa stratégie plutôt que la tactique.

 

Enfin, j’ai réuni 7 points évoqués dans le livre qui selon moi correspondent aux mantras de chaque bons managers/leaders en entreprise, les voici :

 

  • Mettre en lumière les opinions des autres et les faire valoir.

  • Entraînez votre équipe de manière à ce qu'elle fasse preuve d'une véritable franchise.

  • Engagez-vous à avoir une conversation significative par semaine avec chaque membre de l'équipe.

  • Reconnaissez et récompensez l'excellence.

  • Prenez soin de vos employés en tant que personnes réelles.

  • Ayez comme objectif le développement de nouvelles stars.

Le monde du travail est en perpétuelle évolution. Par conséquent, c’est un réel avantage de savoir s’adapter à ces changements. Cette capacité d’adaptation est largement facilitée lorsqu’on progresse sur les soft skills énoncés précédemment.

 

Général, Armée, Chef d'État-Major, que de sémantique belliqueuse, militaire, mais néanmoins humaine. C'est l'image qu'il me reste après la lecture de cet ouvrage, mine d'or pour le management contemporain. 

Il semble que l’entreprise qui prospérera le plus est celle où l'on met sur un piédestal l'importance du facteur humain dans la réussite de tout changement.

 

 

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Écrit par Pablo de Swarte
Le 20 novembre 2020