Dans une transformation, la direction demande d'accélérer. L'équipe, elle, voudrait un peu plus de respiration. Entre les deux, il y a le manager, qui encaisse les deux pressions à la fois sans qu'on lui ait jamais donné ce rôle noir sur blanc. Sandrine Caillé en leadership spécialisée en transformation, accompagne des managers depuis plus de 16 ans, dont 5 chez Simundia. Interviewée dans le cadre de notre étude Transformation, elle explique ce que ce rôle de tampon coûte, et comment on peut l'accompagner.
Le manager fait tampon entre la direction, qui demande d'accélérer, et les collaborateurs, qui voudraient que le changement se fasse plus en douceur. Ce rôle a un coût direct sur les risques psychosociaux : la pressurisation venue d'en haut crée du stress, et si le manager ne l'absorbe pas, elle redescend telle quelle vers des équipes déjà déstabilisées par l'incertitude.
Sandrine Caillé le résume ainsi : le manager doit se concentrer sur le court terme et sur ce qui est contrôlable, pour limiter l'impact de cette incertitude sur son équipe. Un travail de filtrage permanent, qui ne figure sur aucune fiche de poste.
Elle raconte le cas d'un manager qui avait changé d'équipe. Ce qui fonctionnait très bien avec son ancienne équipe ne fonctionnait plus du tout avec la nouvelle. Il se retrouve un peu perdu, doit porter la pression des résultats dans un contexte bancaire, face à des collaborateurs désengagés.
Un coaching lui a suffi à retrouver confiance dans sa créativité. Dès la deuxième séance, il a réussi à embarquer sa nouvelle équipe et à se sentir de nouveau légitime dans son rôle de manager. L'exemple est simple, mais il dit quelque chose d'important : ce qui bloquait n'était pas une compétence à acquérir, mais une posture à retrouver.
On part souvent du principe qu'un manager, parce qu'il est manager, est forcément convaincu par les changements qu'on lui demande de porter. Dans la réalité, ce n'est pas toujours le cas. Sandrine Caillé évoque ces managers qui se demandent comment porter un changement et communiquer dessus alors qu'ils n'y croient pas eux-mêmes.
C'est là que le rôle de tampon prend une deuxième dimension : le manager ne filtre pas seulement la pression entre la direction et son équipe, il doit aussi filtrer son propre doute avant qu'il n'atteigne les autres. Sans espace pour le travailler, ce doute non résolu finit par se voir : les collaborateurs sentent vite l'écart entre ce qu'un manager dit et ce qu'il dégage.
Le manager tampon rend un service que personne ne mesure : il absorbe la pression de la direction, le stress de son équipe, et parfois ses propres doutes, pour que la transformation avance sans tout faire dérailler. Le laisser jouer ce rôle sans accompagnement, c'est prendre le risque qu'il finisse par ne plus pouvoir filtrer grand-chose, avec un effet direct sur toute l'équipe qu'il protège. Donner à ce rôle un espace reconnu, comme un accompagnement en coaching, n'est pas un luxe réservé aux moments de crise : c'est ce qui permet au tampon de continuer à tenir.
Pour aller plus loin, découvrez comment Simundia peut vous aider à prévenir l'épuisement de vos managers, ou à sécuriser le volet humain d'une transformation.